La soif de réussir chevillée au corps

C’est le 8 février 2022 qu’une rencontre avec 12 mères ultramarines, engagées dans une action expérimentale cousue main, a eu lieu au centre Afpa de Chambéry.

QUELLE EST CETTE FORMATION ?

Sous l’impulsion du ministère des Outre-mer, LADOM, AKTO, Pôle emploi, l’AFPA et la mairie de Chambéry ont conjugué leurs efforts pour proposer à des mères de famille monoparentale, originaires des outre-mer, une action novatrice intégrant à la fois : une formation qualifiante aux métiers de l’hôtellerie et un accompagnement familial socio-éducatif, dans le cadre d’une mobilité à Chambéry.
Cette action est inédite car elle s’adresse à une population particulièrement éloignée de l’emploi et elle prend en compte la situation familiale (prise en charge du billet A/R des enfants, scolarisation sur place des enfants, aménagement et adaptation des locaux d’accueil en conséquence).


QUI SONT CES MÈRES ?

Elles sont âgées de 21 à 50 ans, originaires de La Réunion pour cinq d’entre elles et de Mayotte pour les sept autres. Ces douze cheffes de famille sont en quête de compétences pour une insertion professionnelle durable. Accompagnées chacune de leurs jeunes enfants (2ans ½ pour le plus jeune et 8 ans pour le plus âgé) elles se sont lancées dans une action totalement inédite et entièrement conçue pour elles.


LEURS IMPRESSIONS À LEUR ARRIVÉE ?

Elles s’accordent à dire que la préparation de leur arrivée, notamment sur le plan administratif, n’a pas été simple voire fastidieuse car elle a dû s’opérer dans un délai très court. Fort heureusement, ces aléas n’ont pas empêché ces femmes de bien s’intégrer et de trouver rapidement leurs marques au sein du centre Afpa, qui, pour leur accueil et celui des leurs enfants, a été spécialement réaménagé. Pour la majorité d’entre elles, il s’agit de leur première venue dans l’Hexagone et de la première séparation avec leur famille. C’est dire tous les changements auxquels ces femmes, ont dû faire face dans un temps très court :

  • Nouvel environnement
  • Nouveau climat
  • Découverte de la vie en collectivité
  • Nouvelles responsabilités


OÙ EN SONT-ELLES ?

Elles mesurent le chemin parcouru, les progrès qui sont les leurs et la résilience dont elles ont fait preuve face à ce changement de vie soudain.

Plusieurs d’entre elles, c’est notamment le cas de Daisy et de Maureen avaient déjà pour projet de travailler en France hexagonale, depuis longtemps. Elles attendaient « le bon moment » et justement ce bon moment est arrivé avec cette formation qui dans sa construction prend en compte les freins liés à la monoparentalité. Trouver un emploi, se former, peut s’avérer un parcours du combattant, lorsqu’on élève seul(e) son ou ses enfants. A fortiori, lorsqu’on a un niveau de qualification faible.

En prenant en compte la venue de leurs enfants, la scolarisation de ces derniers, la recherche et le financement de leur hébergement, ce sont autant de freins périphériques à leur montée en compétences qui sont levés. La scolarisation des enfants a été rendue possible grâce à l’action du maire de Chambéry et à celle des services de l’éducation nationale. Ils ont rapidement créé les conditions d’accueil des enfants, ce qui constitue un soulagement pour chacune des mamans. C’est même une chance comme l’ont souligné plusieurs mères mahoraises car à Mayotte la scolarité de leurs enfants s’effectue en demi-journée. A cela s’ajoute une équipe pédagogique présente au quotidien et à leur écoute. Une conseillère a même été spécialement recrutée pour les accompagner sur de nombreux sujets comme la santé, la parentalité, la culture, les démarches administratives, etc.

Cette action étant expérimentale et ayant été lancée dans un délai record, il reste des réglages à prendre en compte. Des premiers enseignements ont été tirés le 8 février, où, pour l’occasion tous les acteurs de cette action étaient réunis : les mères, l’équipe pédagogique et les partenaires.  

QUELLE EST LA SUITE ?

Sous peu, les mères passeront un test de positionnement qui permettra de préciser leur orientation professionnelle en fonction de leur niveau et de leurs attentes. Le choix portera sur l’un des métiers suivants : employée d’étage, gouvernante, ou réceptionniste.

Dès lors, elles apprendront leur métier dans le cadre d’une formation qualifiante en Contrat de Développement Professionnel Intérimaire (CDPI). A l’issue, elles feront le choix de poursuivre en France hexagonale ou de retourner dans leur département d’origine pour y exercer leur nouveau métier.

Cette action unique en son genre, permettra aux plus jeunes d’entre elles de s’émanciper, de gagner en autonomie et à toutes, d’évoluer et d’améliorer leur employabilité. 

Cet article a été rédigé avec le témoignage de Maureen, Daisy, Evelyne et Oistoifati. Merci à elles

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